Etat des lieux de la jeunesse française (4) : l'épineuse question étudiante

Publié le par Les Jeunes Socialistes du Territoire de Belfort

Les conditions des vies des étudiants font partie intégrante de cette frustration des catégories les moins favorisées puisqu’elles ont eues tendance, avec l’augmentation du nombre d’étudiant, à se dégrader, dans l’indifférence des pouvoirs publics. Cette dégradation est particulièrement bien illustrée par les questions de logement – question que les médias abordent de manière récurrente à chaque rentrée – puisque les jeunes vivent plus longtemps chez leurs parents, du à l’accès difficile au parc locatif privé, et aux conditions très restrictives d’accès au parc locatif public « étudiant ». L’accès à l’autonomie, qui passe par le logement, demeure un cheval de bataille des syndicats étudiants, mais n’a jamais véritablement rencontré les faveurs des pouvoirs publics.

 

 « Une misère » étudiante ?

 

1,2 millions d’étudiants en 1980, 2,1 en 2000. Le nombre d’étudiants a augmenté quand bien même les ressources de leurs parents ont stagné, dans un contexte socio-économique de crise latente jusqu’à la fin des années 1990. Ainsi, les étudiants d’aujourd’hui sont, en moyenne, plus pauvres que leurs aînés d’il y a 20 ou 30 ans. L’allongement des scolarités n’a pas été accompagné par un effort suffisant des pouvoirs publics, sauf sous l’aspect des allocations logements. N’en demeure pas moins une réalité qui touche un grand nombre de jeune : « la misère étudiante ».

 

Dans le même temps, le modèle de société française n’a pas non plus su offrir aux étudiants la possibilité d’améliorer leurs ressources par le travail. Il existe peu de « jobs étudiants » pour plusieurs raisons : le système de l’enseignement supérieur et le monde du travail, sont deux univers qui, pour un jeune, sont difficiles à envisager de front (notamment pour des questions d’emploi du temps) ; l’absence de flexibilité du travail et la professionnalisation de certains secteurs réclamant pourtant une main d’œuvre peu qualifiée (hôtellerie/restauration, grande distribution, maintenance, etc.) qui sont des particularités françaises, limitent également cette voie ; la saison estivale, enfin, bien que particulièrement active dans le domaine touristique où existent un grand nombre de postes peu qualifiés, mal payés et réputés difficiles, donc facilement acceptable pour des étudiants, ne suffit pas à absorber la demande de travail.

 

D’autant plus que dans une société où il n’est pas socialement généralisé de travailler pendant ses études (absence de véritable statut généralisé de l’étudiant salarié), le travail étudiant au cours de l’année est souvent vécu comme un handicap à un parcours réussi (ce qui par ailleurs, n’est pas quelque chose de vérifié, car les premières expériences professionnelles même limitées dans le temps et dans l’intérêt du travail effectué, sont souvent un atout non négligeable lors de l’accès à un premier emploi liée à ses études).

 

Au-delà de la problématique financière des étudiants

 

Pourtant, les jeunes étudiants ne sont pas les plus à plaindre, comparés à ceux qui sont déjà sur le marché de l’emploi et qui sont souvent, au chômage. Néanmoins, les étudiants se comparent entre eux, et nourrissent ainsi de lourdes frustrations. Mais le manque d’argent n’explique pas tout, des questions structurelles posent des problèmes qui finiront, s’ils ne sont pas traités, par  être sources de difficultés pour le système : le peu de temps consacré par les enseignants aux étudiants (privilégiant la recherche), le sous encadrement chronique des étudiants en université et la ponction faite dans la plupart des universités (hors Médecine et Droit) par les grandes écoles qui limitent la portée du diplôme universitaire (notamment dans les sciences humaines).

 

Dans ce contexte, l’insertion des jeunes dans l’emploi demeure une problématique complexe et, sans aucun doute, la plus importante, car c’est l’entrée dans l’emploi qui généralement constitue le passage de la vie de « jeune » à celle « d’adulte ».

 

 

 

D'après la note originale de Jérémie Cholley (secrétaire adjoint de la section PS de Belfort à la jeunesse)

Publié dans Idées

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