7 Questions 7 réponses sur les Retraites

Publié le par Les Jeunes Socialistes du Territoire de Belfort

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De toute façon, le projet est voté, le gouvernement ne lâchera rien, la loi ne sera pas retirée.

FAUX !

La mobilisation de tous peut changer les choses, car on ne perd que les combats que l’on ne mène pas.

Par le passé la mobilisation sociale et des jeunes a payé. Elle a déjà pu faire reculer le gouvernement quand les droits essentiels étaient attaqués. Ce fut le cas, le mois dernier quand le gouvernement est revenu sur sa volonté de supprimer le cumul APL – demi-part fiscale, ainsi qu’en 2006 quand, après 3 mois de mobilisation, le CPE, pourtant voté à l’Assemblée Nationale et promulgué, ne fut jamais appliqué.

La droite fait le pari du fatalisme, nous faisons celui de la mobilisation.

En quoi les retraites nous concernent en tant que jeunes?

Parce que comme jeunes, nous sommes les futurs actifs sur lesquels reposera le système de retraites, nous sommes aussi les futurs retraités qui en bénéficieront, ou qui n’en bénéficieront pas, selon les choix qui seront faits aujourd’hui.
Surtout, la réforme entrainera mécaniquement une baisse des pensions, et incitera les gens à préparer leur propre avenir via des fonds de pension privés. Les riches cotisent pour les riches, les pauvres pour les pauvres… Tout le monde est donc concerné !

De plus, les jeunes en formation sont concernés par la question de la prise en compte des années d’études dans les annuités. Leur non-prise en compte aggraverait les inégalités sociales en décourageant les jeunes de poursuivre de longues études.

Mais la retraite à 60 ans, c’est impossible, l’espérance de vie augmente !

FAUX !

Mais dans quelles conditions devrait on continuer à travailler! L’espérance de vie est de 77 ans pour les hommes et 84 ans pour les femmes. Mais « l’espérance de vie en bonne santé » n’est que de 62 ans. Tant les ouvriers que les cadres doivent pouvoir bénéficier d’une retraite en bonne santé, alors qu’aujourd’hui, ce n’est pas le cas ! Nous voulons une société du temps libéré, épanouissante, permettant d’accéder aux loisirs, à la culture, aux sports ou à l’engagement. Ce nouveau modèle de développement est l’indice d’une société qui, en rompant avec le consumérisme, saurait replacer l’économie au service de l’intérêt général.

Mais comment financer ce projet quand on sait que dans 10 ans la France ne comptera que 2 actifs pour un retraité?

Le problème des retraites n’est pas qu’un problème démographique ! La France est un pays qui s’enrichit tous les ans. Le problème est qu’aujourd’hui les nouvelles richesses produites ne vont pas aux salariés ! L’exemple le plus frappant est que, même en période de crise, le CAC 40 annonce des bénéfices toujours en hausse.
La priorité doit être de créer des emplois (cf. 4 millions d’emplois c’est possible). En plus de favoriser l’emploi, il faut augmenter les salaires, pour augmenter les cotisations.
Trouvons de nouveaux financements en élargissant les revenus assujettis aux cotisations patronales et sociales (notamment les stock options), en supprimant les niches fiscales, en taxant le capital…il faut juste du courage politique !

Même dans les pays européens, l’âge de départ à la retraite à été rallongé, pourquoi les socialistes français s’opposent alors au projet de la droite?

La réforme proposée est la pire en Europe. Dans la plupart des pays européens, l’âge de référence n’est pas l’âge légal de départ en retraite mais l’âge de départ sans décote – l’équivalent chez nous de l’âge légal de départ à taux plein. Ce qui place d’ores et déjà la France, l’Allemagne et l’Espagne aujourd’hui à égalité : 65 ans dans chacun des pays. Si l’on se penche non plus sur les âges légaux, mais sur l’âge effectif, celui auquel les salariés quittent réellement le marché du travail, la proximité des situations en Europe est frappante: 61,5 ans en France, la même chose en Espagne, 62 ans en Allemagne.
La situation des Français vis-à-vis de l’âge légal de départ est donc, avant même la « réforme » gouvernementale, équivalente à celle de l’Allemagne et de l’Espagne. Mais elle se détériore quand on compare le calendrier de passage à 67 ans. C’est en 2029 que les Allemands verront l’âge de départ à la retraite sans décote reculer de deux ans. C’est en 2027 que les Espagnols passeront ce cap. Les Français n’auront pas cette chance : c’est dès 2016 que la réforme française entrerait en vigueur.
Mais s’il est un point où la comparaison tourne franchement au désavantage des Français, c’est celui du nombre d’annuités requises pour bénéficier d’une retraite à taux plein. Il faut travailler 35 annuités en Allemagne et en Espagne contre 41,5 en France !

Les socialistes critiquent, mais que proposent-ils?

Les socialistes ne voient pas les retraites comme l’opposition entre actifs et retraités, mais comme un système solidaire qui permet une cohésion entre les générations au sein de notre société. Le but du collectif « retraites, une affaire de jeunes » auquel appartient le MJS était aussi de porter les problématiques de la jeunesse: une insertion professionnelle tardive, difficile, après des années d’études plus ou moins longues, qui doivent être prises en compte par la réforme ! (cf. Perspectives 2012 L’emploi des jeunes).

Assurer le financement des retraites passe avant tout par une politique en faveur de l’emploi et de l’augmentation des salaires. En effet, en augmentant les salaires, les cotisations augmentent aussi et font entrer plus d’argent dans les caisses de la sécurité sociale. De même, 4 millions d’emplois créés génèreraient 30 milliards de cotisations. C’est donc bien la preuve que répondre au besoin de financement du système de retraite, revient à lutter contre le chômage.

Il faut aussi :
Supprimer les exonérations de cotisation patronale
Mettre tous les revenus à contribution (stock-option, intéressement, participation…)

Le gouvernement a fait des concessions, pourquoi ne pas accepter un compromis?

Quelles concessions? La droite parle d’ajustements qui ne seront que des mesurettes et des bricolages et a déjà annoncé ne pas discuter des chiffres: âge de départ et nombre d’années, qui sont la clé du problème. La droite veut parler pénibilité? C’est hypocrite quand on démantèle le droit du travail en mettant en danger la santé et la vie des travailleurs! Emploi des seniors? Elle n’a rien fait depuis 8 ans qu’elle est au pouvoir! Nous voulons parler financement, alors que selon le conseil d’orientation des retraites (COR), même après la réforme, les retraites du futur ne sont toujours pas financées.

Publié dans Idées

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