Etat des lieux de la jeunesse française (10) : Pratiques culturelles et loisirs, entre homogénéité croissante et inégalités persistantes
Les jeunes de 15 à 34 ans passent en moyenne 2h38 devant la télévision contre 3h37 en moyenne pour l’ensemble de la population globale. Cet indicateur qui met fin à une idée reçue, s’explique aussi par la forte croissance des nouvelles technologies dans les loisirs des jeunes.
Tournés d’abord vers les amis, à la faveur de sorties et de soirées festives, ils sont aussi très souvent portés vers les salles de cinéma et le sport qui figurent au premier rang de leurs activités préférées. L’offre numérique sur la forme (Internet, téléphone portable, baladeur mp3, etc.), comme sur le fond (réseaux de sociabilité, messagerie instantanée, achats en ligne, jeux vidéos, etc.) s’est d’ailleurs très bien adaptée à ces préférences des jeunes.
L’accès à la culture « classique », dirons-nous (livres, théâtre, musées, exposition), s’est beaucoup développé aussi bien grâce à des politiques locales vigoureuses que par des politiques nationales qui, dans les années 1980 notamment, ont données les moyens d’un accès à la culture pour tous (prix du livre, gamme de réduction tarifaire pour les jeunes dans les musées, journées du patrimoine, développement des festivals, etc.).
Le goût pour la musique, sous forme d’écoute personnelle ou de concerts, est aussi bien la marque de fabrique des jeunes, plutôt plus consommateurs que leurs aînés, que le révélateur de disparités sociales selon les styles : Pop, Rock, Rap, R’n’B, Classique, Métal, Punk, Soul, Ska, Nouvelle Scène, etc. La préférence pour certains styles est un marquage social, qui n’est certes pas mécanique, mais qui globalement reflète des prévalences en fonction des catégories sociales.
Ce révélateur de disparités rappelle qu’il existe de vraies inégalités : l’accès à un club d’équitation ou des vacances à la mer n’est pas l’apanage de tous les jeunes. Ces inégalités revêtent aussi bien un caractère matériel (niveau de vie, proximité géographique, etc.) que symbolique (diplôme, maîtrise de langue – élément particulièrement discriminant dans notre pays –, ou encore, milieu familial). Un exemple : 17 % de ceux qui n’ont pas de diplôme ou au mieux le certificat d’étude sont allés au théâtre ou à un concert une fois dans l’année en 2000, contre 57 % de ceux qui disposent d’un diplôme de l’enseignement supérieur.
D'après la note originale de Jérémie Cholley (secrétaire adjoint de la section PS de Belfort à la jeunesse)