Investir dans l’éducation : une priorité à réaffirmer
Dossier Education (1/5) - MJS90 - Juin 2010
Le rôle de l’éducation est principalement de favoriser la transmission des savoirs et de former des citoyens. Ces deux enjeux sont d’autant plus importants dans une société démocratique et qui est entrée, selon les experts, à l’ère de « l’économie de la connaissance » - dans laquelle la richesse est intimement liée à la « qualité de cerveaux » capables d’innover et de conserver une longueur d’avance dans la conception et la production de technologies à haute valeur ajoutée. La France a particulièrement tiré sa force économique de cette stratégie.
Désengagement de l’Etat
Cependant, nous constatons aujourd’hui que l’investissement dans l’éducation, que chaque pays industrialisé a établi comme une priorité, s’est amoindri en France. Alors que le budget de l’éducation nationale et de la recherche constituait 7,6 % du produit intérieur brut (PIB) en 1995, il n’est plus que de 6,6 % en 2008. Ce désengagement de l’Etat, illustré par les suppressions massives de postes (11 200 en 2008, 13 500 en 2009 et 16 000 prévus pour 2010 !), est indifférent de l’activité économique : période de crise ou embellie, on diminue quoiqu’il arrive. Au-delà des enseignants, les personnels associés à l’enseignement (infirmières, conseillers d’orientation, etc.) sont touchés. Enfin, ces suppressions de postes sont de plus en plus compensées par le recrutement de professeurs par le biais de l’ANPE !
Investissement des Collectivités
Municipalités, Départements et Régions ont, chacun selon leurs compétences, contrecarré ce désengagement de l’Etat par un investissement massif dans les infrastructures et les équipements des écoles, collèges et lycées. La montée en puissance des Collectivités dans l’éducation nationale s’illustre par la part qu’elles occupent dans les dépenses d’éducation : alors que celle-ci n’était que de 14,2 % en 1990, elle est de 23,8 % en 2008 - l’Etat qui prenait en charge 61 % des dépenses n’en prend maintenant que 54,1 %.
Ce désengagement de l’Etat a un effet puissant : qui dit investissement des Collectivités, dit financement par le biais d’impôts locaux. Résultat : les territoires les plus pauvres sont toujours moins dotés que les territoires les plus riches, sans que les mécanismes de solidarité nationale puissent véritablement résoudre cet écueil à l’heure actuelle.
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