Etat des lieux de la jeunesse française (5) : la jeunesse, variable d’ajustement du marché de l’emploi

Publié le par Les Jeunes Socialistes du Territoire de Belfort

La dégradation du marché de l’emploi depuis la fin des années 1970, sans véritable amélioration durable depuis, a entraîné l’allongement de la phase de la vie située entre la fin des études et l’entrée dans un emploi pérenne. C’est cette phase qui constitue le point de passage entre la vie de « jeune » et celle d’adulte (en moyenne à 23 ans).

 

Or, la situation de crise actuelle a démontré une fois de plus que la jeunesse est considérée comme l’une des variables d’ajustement à la flexibilité du marché de l’emploi. Chez les jeunes la proportion d’intérimaires est deux fois plus élevée que dans la moyenne de la population active (5,3 %), tandis que 17 % sont employés de manière contractuelle (12 % dans le privé, 5 % dans l’administration), contre 8 % en moyenne.

 

Cette situation a des conséquences importantes puisque 17 % des 18-29 ans qui ne vivent pas chez leurs parents vivent en dessous du seuil de pauvreté (contre 13 % de la population globale). Aussi, ce phénomène n’est pas sans répercussions « psychologique » importantes, dans la mesure où cette précarité ressentie, et souvent avérée, est d’autant plus difficile à supporter dans une situation où l’objectif est d’assurer son indépendance. La solidarité intergénérationnelle contribue à éviter les effets de la crise par un effet re-distributif « privé », bien que, par conséquent, très inégalement répartie.

 

La multiplication des périodes de stages et des contrats à durée déterminée (parfois au mépris de la loi et dans l’indifférence générale), les discriminations en fonction du sexe, du nom, de la couleur de peau et du niveau de qualification, sont autant de facteurs qui contribuent à un ressentiment croissant de la jeunesse par rapports aux générations précédentes, à une défiance envers les organisations syndicales et la politique, et à un repli sur soi qui accentue l’individualisme. Cette situation peut s’avérer à un moment donné destructive pour la société, voire se traduire par des mouvements sociaux ou violents comme ceux qui ont surgit en 2005 et 2006 autour de la question du CPE et dans les banlieues. Ces situations qui paraissent aujourd’hui révolues, étaient peut-être seulement des soubresauts, mais c'est bien l’indifférence qui a semblé gagner les pouvoirs publics sur beaucoup des problématiques évoquées plus haut.

 

D'après la note originale de Jérémie Cholley (secrétaire adjoint de la section PS de Belfort à la jeunesse)

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Publié dans Idées

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