La violence encore au coeur de l'actualité scolaire
Dossier Education (3/5) - MJS90 - Juin 2010
L’actualité de l’école ces dernières semaines s’est développée autour de la question de la violence. Deux faits divers ont structuré l’émergence de nouveaux débats : l’agression d’un élève au Lycée Adolphe-Chérioux de Vitry-sur-Seine (Val de Marne) et l’agression d’un instituteur dans une école primaire de Meaux (Seine-et-Marne). Deux évènements à l’origine de grèves d’enseignants, notamment en région parisienne. Bien que ces faits de violence soient quantitativement limités (on recense seulement 40 faits par an en moyenne dans l’ensemble du pays), ils trouvent un écho important dans la population parce qu’ils sont considérés à juste titre comme intolérables.
A Vitry, une violence endémique sans réponses
« Un affrontement entre deux bandes rivales qui dégénère », voici comment le procureur de Créteil a qualifié l’agression d’un élève au Lycée Adolphe-Chérioux de Vitry. Ici, la violence s’installe comme un fait acquis. L’année dernière déjà un élève avait été blessé à l’arme blanche. Les enseignants, qui travaillent « dans la peur » ont choisi cette fois de se mobiliser : exercice du droit de retrait, demande de 11 postes équivalent temps plein, un médiateur, et même un débat télévisé (Luc Châtel a donné une fin de non recevoir à cette dernière demande). Cependant, le mouvement commence à faire tâche d’huile : dans l’académie de Créteil des mouvements de grèves se sont mis en place à Aubervilliers, Pantin, La Courneuve, Aulnay, etc. La réponse du Ministre n’est autre que de convoquer des « Etats généraux de la violence à l’école » ; façon maintenant bien rôdée de botter en touche.
Le constat de l’échec pour la FSU à Meaux
Dans un communiqué, la FSU (première fédération dans l’enseignement) de Seine-et-Marne a affirmé que cette agression à Meaux survenue «dans un climat de tension encore accentué par le manque de postes de remplaçants», avec deux absences non remplacées le jour des faits. «C’est le manque de réponse institutionnelle, le manque de moyens nécessaires notamment en adultes formés», qui ont conduit à alerter «en toute discrétion» la police nationale pour «marquer le coup», «en l’absence de suivi pédagogique, psychologique d’un élève en souffrance, dont les écarts et les violences avaient déjà été signalés, sans résultat». Un communiqué qui en dit long sur la situation de ces enseignants auxquels l’institution n’apporte pas de réponse. De nombreux témoignages ont ensuite été recueillis dans la presse pour expliquer le quotidien d’une communauté éducative désabusée.
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