Education : les cours « privés » en question
Dossier Education (5/5) - MJS90 - Juin 2010
A l’heure où nous prônons une école plus juste et plus équitable, cette dernière, pourtant garante de la future vitalité économique de notre pays, se trouve bafouée. Lieu d’apprentissage respectant des valeurs républicaines propres à la France, l’école est devenue aujourd’hui plus qu’hier un lieu où pour réussir il est préférable d’être aisé.
L'explosion des cours particuliers pour préparer le Bac
Un des faits les plus marquants de cette nouvelle norme scolaire c’est la recrudescence des cours particuliers. Que ce soit en maths, en physique ou encore en histoire certains élèves peuvent prendre jusqu'à 5h de cours par semaine ! Ce qui pour les maths, équivaut au nombre d’heures « officielles » en section « économique et social ». Certes, cette pratique part d’un bon sentiment, celui de la réussite scolaire, mais au vu des tarifs horaires (entre 10 et 25€ de l’heure), on comprend bien vite que cette solution est inaccessible aux élèves issus de milieux défavorisés. Aucune statistique officielle n’est encore parue mais selon certaines études, un élève sur deux préparant son bac général recourt à des cours particuliers. Sommes-nous tous égaux devant le bac ? Telle est la question que nous devons nous poser.
Une entrée aux grandes écoles confisquée ?
Plus gênant encore, les cours privés qui préparent aux concours de grandes écoles, telles que Sciences Po se développent aussi. Il est étonnant de voir que la voie même de l’excellence française, qui n’est accessible que par concours à bac +0 (concours se passant juste après la fin des épreuves du bac) est aussi touchée par ce problème de cours parallèles. On peut noter que certaines prépas à l’entrée de ce dit concours atteignent un taux de réussite de 70%. Normal, ce sont des professeurs enseignant dans les IEP (instituts de sciences politiques) qui viennent donner les cours. Chose essentielle, le prix de ces « prépas » suivies soit pendant les vacances sous forme de cours intensifs, soit durant l’année scolaire par tranches de 4h/ par semaine peuvent dépasser 1000 euros ! Bien que les bonnes intentions affichées de Science Po Paris (qui a ouvert une prépa pour les individus issus de milieux défavorisés) soient louables elles ne concernent qu’une infime partie d’individus et fait office d’arbre qui cache la forêt.
Des solutions existent, pour peu qu'il existe aussi une volonté politique
Ces méthodes de préparation peu en accord avec les valeurs telles que l’égalité ou encore la moralité sont de moins en moins acceptables, mais de plus en plus répandues. Pour lutter contre cela plusieurs pistes de développement sont envisageables, en passant de l’interdiction de prépas à l’entrée de Science Po ou encore par la multiplication d’heures de modules selon le niveau en effectif réduit durant l’année de Terminale. Les actions gouvernementales (à force de prôner les économies là ou ces dernières sont impossibles) en supprimant des postes de surveillants ou encore de tuteurs, emplois voués à des étudiants, a réussi d’une pierre deux coups : tout d’abord détruire des emplois adaptés aux contraintes étudiantes et ensuite inhiber un des derniers bastions, ou les élèves en situation scolaire difficile pouvaient s’appuyer, quel que soit le niveau des revenus familiaux.
Ceci étant dit, il devient lassant pour nous, jeunes, situés au cœur du système scolaire d’entendre parler sans cesse de « réussite scolaire » sans pour autant donner les moyens humains et matériels aux écoles, collèges et lycées. Nous, jeunes socialistes sommes sensibles a ces problèmes c’est pour cela que nous essayons de trouver des solutions, car il ne faut pas oublier que l’école c’est l‘avenir.
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