Sécuriser la dette publique
Après la crise des subprimes de septembre 2008 qui a par la suite essaimé sur toute l’économie réelle, nous assistons à ce que nous pouvons dénommer la seconde phase de la crise mondiale qui avec le temps, s’est avéré être devenue structurelle.
Structurelle pourquoi ? Tout simplement parce que cette crise a permis de révéler bien des incohérences au sein de notre système financier. En effet est-ce l’économie financière qui doit régner sur l’économie réelle ? Mais en cas de choc, de crise, seule l’économie réelle en pâtie sincèrement ? Non ; ceci bien plus que d’être anormal relève de l’absurde !
Or ce qui s’est produit il y a deux ans est en train de se reproduire aujourd’hui avec « la crise d’endettement de la zone euro ». Au delà de ce titre racoleur se trouve une réalité. Celle de spéculateurs ayant contribué promptement à la dégradation des dettes souveraines en « jouant » sur ces dernières via des mécanismes ultra complexes (crédit défaut Swap, maquillage des comptes publics et spéculation sur ces derniers en parallèle…) mais il est inutile de rentrer dans les détails d’une crise plutôt très complexe ou même les marchés semblent perdus !
Malheureusement il faut se rendre a l’évidence aujourd’hui nul ne pourra venir en aide aux Etats contrairement à il y a deux ans où ces derniers sont venus a l’aide des banques à une vitesse phénoménale ! C’est pour cela qu’il faut trouver un moyen à la fois régulateur, permettant ainsi de changer le fond du problème, mais aussi alternatif. Alternatif à ces plans de rigueur successifs qui ne font que condamner la zone euro a une reprise encore plus lente et fastidieuse que prévue !
Une solution à court terme est envisageable : une transformation de la dette souveraine en dette de la zone euro : jusqu'à 60 % du PIB, une dette commune analogue aux titres de la dette américaine c'est-à-dire émise sous forme de « bons du Trésor » ou « d’emprunts obligataire à long terme » dont les taux d’intérêts seraient sensiblement les mêmes que ceux des américains et au delà de cette limite des 60%-70%. Au delà des titres spécifiques à chaque Etat aux taux d’intérêts fluctuants permettant ainsi une normale circulation de capitaux sans pour autant tomber dans les excès de ces dernières années.
Cette réalisation n’est certes pas suffisante par elle-même, elle devra s’accompagner d’une vraie refonte structurelle (et non juste des promesses tel le G20) prévue sur le long terme et qui ne prendra effet que dans quelques années. Mais ce plan a le mérite de permettre aux Etats en sectionnant leurs dettes de ne plus se concentrer uniquement sur leur remboursement et par conséquent d’adopter un budget plus raisonnable et tourné vers l’avenir ; à l’opposé d’aujourd’hui où ils se contentent de multiplier les plans « d’austérité » (le mot « rigueur » étant tabou) afin de rassurer les marchés (ce Diktat de la finance ; surement une des réformes structurelles phares des années à venir) !
Aussi si cette politique peut sembler raisonnable elle nécessite une vraie coopération européenne de telle sorte a ce qu’une vraie gouvernance soit mise en place. Ainsi l’Allemagne doit arrêter avec son comportement égoïste, et anti-européen qu’elle mène allègrement depuis quelques années. Quand aux pays voisins ils doivent faire preuve de fermeté pour contenir les sursauts individualistes de chaque Etat !
C’est seulement à ce prix que nous pourrons sortir de cette crise, en arrêtant avec la phobie anti-inflationniste de la BCE, en inscrivant cette dernière dans une lignée tourné vers la croissance et surtout en coordonnant nos politiques !
Arthur Courty